assez dac avec toi Yann... mais en moins optimiste... ;-)
pour moi un ratage ce film, quand même, surtout à cause de l'histoire...
v'là mon avis complet :
Commençons par le commencement... après avoir réveillé les oreilles dans Ghost Dog et plus récemment dans la série animée délirante Afro Samuraï, RZA du Wu Tang Clan réchauffe les tympans d’entrée de jeu dans l’intro du nouveau Kasso… avec du GROS SON...
Sans aucun doute le meilleur moment du film : (mais on le sait pas encore, aïeeeeuuhh…) Vin Diesel sous sa capuche militaire (voir l’affiche officielle) dans un environnement gris, dévasté par la guerre… le décor est posé… l’Europe de l’est dans le futur n’est pas belle à voir… mais l’ambiance est là… ça a de la gueule et on y croit… très vite, Vinny se voit confier une mission par un Gérard Depardieu improbable et pratiquement méconnaissable doublé d’un vieil anglais façon accent russe… bon passons, pourquoi pas après tout…
Donc, pour revenir à la mission, LE fil conducteur du film (s'il existe), elle consiste à faire passer une fille en Amérique… (l’hypnotique Mélanie Thierry… tellement belle et lisse qu’on a l’impression qu’elle est en synthèse…) parce qu’elle est précieuse, tout ça… pas super original… sauf que dans le genre on osait espérer que ça ressemble au moins un peu aux Fils de l’Homme… raté… faut plus aller voir du côté du Transporteur… mais en moins abouti, c’est pour dire : tout plein d’incohérences (c quoi ce sous-marin qui débarque de nulle part ?), de non sens (non mais vraiment, c quoi ce sous-marin qui débarque de nulle part ?), d’enchaînements et d’ellipses elliptiques (faut dire, j’ai vu la version américaine tronquée d’un quart d’heure), zéro intrigue, zéro enjeu… walou, quoi…
Bon, inutile de s’étendre là-dessus… je vais pas faire le surpris non plus… donc si vous n’étiez pas déjà au courant, ce film n’est absolument pas à voir pour son histoire… Kasso l’a reconnu lui-même, si le film a été rebaptisé Babylon AD, c’est parce qu’il ne ressemblait plus du tout à une adaptation de Babylon Babies de Dantec (que j’ai toujours pas lu)…
Non, moi ce qui m’intéressait surtout, c’est l’ambiance…et de ce point de vue-là, j’y ai trouvé de bonnes choses… déjà les décors sont top, aussi bien l’Europe de l’est dévastée que le New York high-tech à la Blade Runner… ça le fait plutôt bien... là-dessus, la photo froide de Thierry Arbogast fait vraiment très chouette… sinon la mise en scène est plutôt soignée, l’action quand il y en a, n’est pas illisible… c’est le moins qu’on pouvait espérer de Kasso, qui sait filmer, y’a vraiment pas à tortiller là-dessus…
Reste enfin les acteurs… Vin Diesel fidèle à lui-même bien bourrin comme il faut dans son rôle de bourrin justement, pas de souci… Mélanie Thierry a le physique de son personnage… comme je le disais plus haut, hypnotique… jusqu’ici tout va bien… passons sur Depardiou… c’est ensuite que ça se complique… déjà Michelle Yeoh… pourquoi, comment, combien ??? on en sait rien du tout… à quoi elle sert, tout ça… elle est là et pis pas là… bref du super gâchis pour une actrice comme elle…
J’en termine avec les deux pépites du film, quand même… Charlotte Rampling, vaporeuse évaporée dans un non sens complet… un giga pétage de plomb de sa part aux trois quarts du film nous réveille un peu mais on sait toujours pas pourquoi… on a presque l’impression qu’elle vient de se rendre compte dans quoi elle est en train de jouer…
Et pour finir, la cerise sur le sundae (mon expression à moua chopée ici que j’essaye d’utiliser le plus possible ;-) : Lambert Wilson… alors là… je sais pas ce qui s’est passé… si c’est le mec des accessoires qui a fumer un truc super bon ou qu’est-ce… toujours est-il qu’à Lambert Wilson, il lui ont collé une minerve piquée à Robocop certainement, pour faire futur sans doute… mais les diodes qui clignotent dessus… AU SECOURS, les diodes… on dirait un sapin de noël le truc, c’est pas possible de le voir autrement… un grand éclat de rire en tout cas… et du coup, concentré sur les p’tites lumières à se demander si elles vont s’éteindre pour de bon… j’ai rien suivi de à quoi il servait, le Lambert Wilson… zut alors…
Tout ça pour dire qu’au final, on s’ennuie pas trop devant ce Babylon AD… même si on se demande quand même à la fin ce qu’on est venu voir… (j’vous la raconte pas la fin, j’vous laisse la surprise… ;-) honnêtement, je ne sais toujours pas… dommage, quoi…
Dommage surtout pour Kassovitz en fait, qui est quand même sur ce projet depuis 2000, depuis Les Rivières Pourpres, et qui a dû faire son Gothika pour apprivoiser les américains… pour qu’en fin de compte, il se retrouve étouffé par tout un tas de contraintes : production, scénario, comédiens, budget… et signe le gros ratage... bref, encore une fois, Sega c’est plus fort que toi…